Quand le certificat médical est exigé
Moins de 6 mois — Manipulations du crâne, de la face et du rachis d’un nourrisson de moins de six mois, âge apprécié au jour de la séance (art. 3, II, 1°).
Rachis cervical — Manipulations du rachis cervical, sans condition d’âge : adultes, enfants et nourrissons (art. 3, II, 2°).
Diagnostic d’un médecin — Un diagnostic établi par un médecin, attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie, obtenu avant l’acte (« après un diagnostic »).
Copie au dossier — Le décret ne le prévoit pas, mais une copie lisible et datée au dossier du patient est votre seule preuve que la condition était remplie.
Faut-il un certificat médical pour un bébé de moins de 6 mois ?
Oui, pour les actes que le texte énumère. L’article 3, II, du décret n° 2007-435 (nouvel onglet) dispose qu’« après un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie », le praticien justifiant d’un titre d’ostéopathe est habilité à effectuer les « manipulations du crâne, de la face et du rachis chez le nourrisson de moins de six mois ».
Trois précisions tirées du texte :
- La condition porte sur des actes nommés : le crâne, la face et le rachis. Le décret les cite limitativement.
- Le seuil est de six mois : l’âge s’apprécie au jour de la séance. Notez la date de naissance au dossier pour pouvoir le vérifier.
- Le diagnostic précède l’acte : le texte dit « après un diagnostic ». Un document obtenu après la séance ne remplit pas la condition.
En pratique, demandez le document dès la prise de rendez-vous pour un nourrisson de moins de six mois : vous évitez ainsi de devoir renoncer, le jour venu, aux actes concernés. Pour la trame de l’entretien avec les parents, voir notre guide sur l’anamnèse du nourrisson.
Le certificat est-il exigé pour les cervicales d’un adulte ?
Oui. Le 2° du même article vise les « manipulations du rachis cervical », sans condition d’âge. La règle s’applique donc à vos patients adultes comme aux enfants et aux nourrissons. C’est la même exigence : un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie. Le cadre complet des actes est présenté dans notre guide sur ce que l’ostéopathe peut faire, et ce qu’il ne peut pas faire.
Ce certificat ne remplace pas l’obligation générale de l’article 2 du décret : orienter le patient vers un médecin lorsque les symptômes le nécessitent, en cas de persistance ou d’aggravation, ou lorsque les troubles dépassent vos compétences.
Ce que dit le texte, et ce qu’il ne dit pas
| Critère | Règle | Source |
|---|---|---|
| Actes concernés chez le nourrisson | Manipulations du crâne, de la face et du rachis, avant six mois | Art. 3, II, 1° |
| Rachis cervical | Manipulations à tout âge | Art. 3, II, 2° |
| Auteur du document | Un médecin, sans précision de spécialité | Art. 3, II |
| Objet | Un diagnostic attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie | Art. 3, II |
| Moment | Avant l’acte (« après un diagnostic ») | Art. 3, II |
| Durée de validité | Aucune durée fixée | Aucun texte trouvé |
| Modèle officiel | Aucun formulaire imposé | Aucun texte trouvé |
| Conservation au dossier | Non prévue par le décret, mais indispensable comme preuve | Bonne pratique |
| Professionnels non concernés | Médecins, et professionnels de santé habilités à réaliser ces actes dans leur profession | Art. 3, III |
Conditions de l’article 3, II, du décret n° 2007-435 (version en vigueur au 20 octobre 2026, inchangée depuis 2007) · L’usage parle de « certificat de non-contre-indication » ; le décret, lui, parle d’un diagnostic établi par un médecin.
Qui peut établir le certificat ?
Un médecin. Le texte ne restreint pas la spécialité : médecin généraliste, pédiatre ou autre médecin. En revanche, il ne mentionne aucun autre professionnel : nous n’avons trouvé aucun texte qui permette à une sage-femme, à un masseur-kinésithérapeute ou à un autre professionnel de remplir cette condition à la place d’un médecin.
N’adressez pas au médecin un modèle prérempli à signer. Le document doit traduire son propre diagnostic, et c’est lui qui le rédige. Vous pouvez en revanche rappeler aux parents ou au patient ce que le texte exige : un diagnostic attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie.
Combien de temps le certificat est-il valable ?
Aucun texte ne fixe de durée de validité. Le décret exige seulement que le diagnostic précède l’acte. Il ne dit pas non plus s’il faut un document par séance.
À défaut de règle, raisonnez en termes de preuve : plus le document est ancien, moins il montre que l’absence de contre-indication valait encore au jour de la séance. Demandez un document récent, et un nouveau si du temps a passé ou si la situation du patient a changé depuis.
Les techniques dites douces sont-elles concernées ?
Le décret ne connaît pas la notion de technique douce. Son article 1er décrit les actes de l’ostéopathe comme des « manipulations et mobilisations non instrumentales, directes et indirectes, non forcées », sans définir ni la manipulation ni la mobilisation. L’article 3, II, soumet au diagnostic médical les « manipulations » du crâne, de la face et du rachis du nourrisson de moins de six mois, et celles du rachis cervical (décret n° 2007-435 (nouvel onglet)).
Certains cabinets présentent une approche douce, fonctionnelle ou crânienne comme dispensée de certificat. C’est une lecture du mot « manipulations », pas une règle écrite : nous n’avons trouvé aucun texte officiel qui exempte une technique selon son caractère doux. Si vous retenez cette lecture, vous en portez le risque ; la lecture prudente consiste à obtenir le diagnostic avant toute intervention sur le crâne, la face ou le rachis d’un nourrisson de moins de six mois. Cette page ne se prononce pas sur le choix des techniques.
Et si le médecin refuse d’établir le document ?
La décision lui appartient. Le code de déontologie médicale prévoit que l’exercice de la médecine comporte normalement l’établissement des certificats prescrits par les textes, « conformément aux constatations médicales qu’il est en mesure de faire » (Code de la santé publique, art. R4127-76 (nouvel onglet)) : s’il ne constate pas l’absence de contre-indication, il n’a pas à l’attester. Le décret n’offre pas d’autre voie : sans ce diagnostic, l’ostéopathe ne réalise pas les actes de l’article 3, II.
Expliquez aux parents ou au patient ce que le texte demande, sans rédiger le document à la place du médecin. Si le médecin oriente vers une autre prise en charge, c’est son rôle ; le vôtre reste d’orienter vers un médecin lorsque les symptômes le nécessitent (art. 2).
Que vérifier sur le document, et comment le conserver ?
Le décret ne détaille pas le contenu du document. Les éléments ci-dessous découlent de ce qu’il doit prouver : qui l’a établi, pour qui, quand, et pour attester quoi.
Vérifier le certificat avant la séance
Quelques secondes à la réception du document, puis un rangement au dossier.
L’identité du patient
Nom, prénom et, pour un nourrisson, date de naissance pour vérifier le seuil des six mois.
L’identification du médecin
Nom, qualité de médecin et signature.
La date
Antérieure à la séance, et récente.
L’objet
L’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie, objet exact de l’article 3, II.
Les éventuelles réserves du médecin
Si le document limite son attestation, respectez ces limites.
Le rangement au dossier
Copie lisible rattachée au patient, conservée avec son dossier.
Le certificat contient une donnée de santé : traitez-le comme le reste du dossier, avec un accès réservé. Pour sa durée de conservation, le référentiel de la CNIL pour les cabinets médicaux et paramédicaux retient 20 ans après la dernière prise en charge pour le dossier ; les ostéopathes n’y sont pas cités, mais c’est le repère le plus proche (CNIL, référentiel des cabinets (nouvel onglet)). Voir notre guide sur la durée de conservation du dossier patient.
Kinés, sages-femmes, médecins ostéopathes : le certificat s’applique-t-il ?
L’article 3, III, écarte la condition pour « les médecins » et pour les autres professionnels de santé « lorsqu’ils sont habilités à réaliser ces actes dans le cadre de l’exercice de leur profession de santé et dans le respect des dispositions relatives à leur exercice professionnel ».
- Le médecin ostéopathe pose lui-même son diagnostic : la condition ne le vise pas.
- Le masseur-kinésithérapeute, la sage-femme ou l’infirmier ostéopathe n’en est dispensé que pour les actes que sa profession de santé l’habilite à réaliser, selon ses propres règles. Ne présumez pas d’une dispense générale : vérifiez auprès de votre ordre.
Que risquez-vous sans certificat ?
Le décret ne prévoit pas d’amende propre au non-respect de l’article 3. Sa seule sanction, à l’article 15, vise la pratique des manipulations par une personne non autorisée : contravention de la 5e classe, soit 1 500 € au plus (Code pénal, art. 131-13 (nouvel onglet)).
Pour l’ostéopathe autorisé, le risque est ailleurs : un acte réalisé sans le diagnostic exigé sort du cadre réglementaire. En cas de dommage, votre responsabilité peut être engagée, et l’absence du document au dossier vous priverait de la preuve que la condition était remplie. Lisez aussi les exclusions de votre assurance de responsabilité civile professionnelle.
Sources
Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.
- [1]Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007, articles 1er, 2, 3 et 15 (actes autorisés, orientation, actes interdits et actes soumis à un diagnostic médical, sanction)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 20 octobre 2026
- [2]Code de la santé publique, article R4127-76 (certificats établis par le médecin)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 20 octobre 2026
- [3]Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, article 75 (renvoi au décret fixant les actes et leurs conditions)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [4]Code pénal, article 131-13 (montant des amendes contraventionnelles)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [5]Référentiel relatif aux traitements de données personnelles des cabinets médicaux et paramédicaux (délibération n° 2020-081)CNIL · cnil.fr · consulté le 19 octobre 2026
- [6]Délibération CNIL n° 2020-081 portant adoption du référentiel des cabinets médicaux et paramédicauxLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
Questions fréquentes
Un ostéopathe peut-il manipuler un bébé de moins de 6 mois sans certificat médical ?
Pas pour les actes visés par le décret. Les manipulations du crâne, de la face et du rachis d’un nourrisson de moins de six mois supposent un diagnostic établi par un médecin, attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie, et obtenu avant la séance (décret n° 2007-435, art. 3, II). Sans ce document, ces actes ne remplissent pas la condition du texte.
Une sage-femme peut-elle établir le certificat pour un nourrisson ?
Non, d’après le texte. Le décret n° 2007-435 exige un diagnostic « établi par un médecin ». Nous n’avons trouvé aucun texte qui permette à une sage-femme, à un masseur-kinésithérapeute ou à un autre professionnel de remplir cette condition à la place d’un médecin. Le médecin peut être généraliste, pédiatre ou d’une autre spécialité.
Une ordonnance du médecin suffit-elle ?
Ce qui compte est le contenu, pas le titre du document. Le texte demande un diagnostic attestant l’absence de contre-indication médicale à l’ostéopathie. Un courrier ou une ordonnance qui l’atteste explicitement remplit cet objet ; un document qui se borne à orienter vers un ostéopathe, sans le dire, ne le prouve pas clairement.
Faut-il un nouveau certificat à chaque séance ?
Aucun texte ne le précise, et le décret ne fixe aucune durée de validité. Un document récent et antérieur à la séance est la meilleure preuve que l’absence de contre-indication valait encore ce jour-là. Demandez-en un nouveau si du temps a passé ou si la situation du patient a changé depuis le premier.
Que se passe-t-il quand l’enfant a dépassé six mois ?
La condition propre au nourrisson, qui vise le crâne, la face et le rachis, ne s’applique plus à partir de six mois, âge apprécié au jour de la séance. Celle du rachis cervical demeure en revanche à tout âge : pour ces manipulations, le diagnostic médical préalable reste exigé chez l’enfant comme chez l’adulte.
Les techniques douces dispensent-elles du certificat chez le nourrisson ?
Aucun texte ne le prévoit. Le décret n° 2007-435 ne définit pas la manipulation et ne distingue pas les techniques selon leur douceur : son article 3, II, soumet au diagnostic médical les manipulations du crâne, de la face et du rachis du nourrisson de moins de six mois. Présenter une approche douce comme dispensée relève d’une interprétation, dont le praticien porte le risque.
Que faire si le médecin refuse d’établir le certificat ?
Rien ne permet de s’en passer. Le médecin établit ce document selon ses propres constatations (Code de la santé publique, art. R4127-76) : s’il ne peut pas attester l’absence de contre-indication, il ne le fait pas. Sans ce diagnostic, l’ostéopathe ne réalise pas les actes visés par l’article 3, II, du décret n° 2007-435 ; expliquez-le aux parents ou au patient.
Une photo du certificat envoyée par les parents suffit-elle ?
Aucun texte n’impose l’original. Gardez une copie lisible qui permet d’identifier le médecin, le patient et la date, et vérifiez qu’elle est antérieure à la séance. Conservez-la avec le dossier du patient, sur un support à accès restreint, plutôt que dans une messagerie : c’est une donnée de santé.