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Pratique clinique et documentation

Trame d’anamnèse en ostéopathie : la structure complète en 9 rubriques

Une trame d’anamnèse en ostéopathie tient en neuf rubriques, du motif de consultation au consentement. Voici ce que chacune contient, les questions types, les variantes par profil, un exemple rédigé et un modèle PDF ; un guide de documentation, qui ne dit ni comment examiner ni comment traiter.

Les 9 rubriques d’une trame d’anamnèse, en un coup d’œil

Trame d’anamnèse9 rubriquesLa demandeIdentité et contexte1Motif de consultation2Histoire de la plainte3Le terrainAntécédents4Traitements en cours5Revue par appareil6Mode de vie7La vigilanceSignes d’alerte, orientation8Information, consentement9
Une trame d’anamnèse se lit de haut en bas, dans l’ordre de l’échange : la demande du patient, son terrain, puis la vigilance et l’accord. Chaque numéro renvoie à une rubrique détaillée plus bas.
  1. Identité et contexte — Âge, profession et poste, latéralité, activité physique, médecin traitant. Se tient dans le dossier.

  2. Motif de consultation — La plainte dans les mots du patient : où, depuis quand, ce qu’il attend.

  3. Histoire de la plainte — Début, localisation, intensité de 0 à 10, rythme, facteurs, évolution, examens.

  4. Antécédents — Médicaux, chirurgicaux, traumatiques, familiaux ; les importants restent visibles.

  5. Traitements en cours — Médicaments et suivis, tels que le patient les rapporte.

  6. Revue par appareil — Quelques questions par grand appareil pour ne rien laisser de côté.

  7. Mode de vie — Travail, sport, sommeil, stress, écrans : la matière des conseils.

  8. Signes d’alerte et orientation — Ce que vous avez recherché et votre décision, datée (décret n° 2007-435, art. 2).

  9. Information et consentement — Ce qui a été expliqué et l’accord du patient, ou des parents pour un mineur.

Qu’est-ce que l’anamnèse en ostéopathie ?

L’anamnèse est le recueil structuré de l’histoire du patient et de sa demande, avant l’examen. Elle répond à trois questions : pourquoi la personne consulte, dans quel contexte la plainte est apparue et a évolué, et si quelque chose dans ce qu’elle décrit relève d’abord d’un médecin.

Cette dernière question n’est pas qu’une précaution. Le décret n° 2007-435 (nouvel onglet) limite l’intervention de l’ostéopathe aux troubles fonctionnels et exclut les situations où les symptômes justifient des examens paracliniques (article 1). Il impose d’orienter le patient vers un médecin lorsque les symptômes nécessitent un diagnostic ou un traitement médical, persistent ou s’aggravent, ou dépassent ses compétences (article 2). Une anamnèse bien menée, et bien notée, est la trace de ce discernement. La définition courte est dans le glossaire : anamnèse.

Quelles rubriques dans une trame d’anamnèse complète ?

Une trame n’est pas un questionnaire à dérouler mot à mot : c’est une liste de rubriques qui garantit que rien d’important n’est oublié, et que chaque information se retrouve au même endroit d’une séance à l’autre. Les neuf rubriques suivent l’ordre naturel de l’échange.

1. Identité et contexte

Âge, profession et poste de travail, latéralité, activité physique, situation familiale, médecin traitant (utile pour un courrier) et, si vous le suivez, la façon dont le patient a connu le cabinet. Ces éléments changent rarement : ils se tiennent au niveau du dossier, pas de chaque séance.

2. Motif de consultation

La plainte dans les mots du patient, en une phrase : où, depuis quand, et ce qu’il attend de la séance. Un motif court et précis se relit d’un coup d’œil à la séance suivante.

3. Histoire de la plainte

  • Date et mode d’apparition : brutal ou progressif, à la suite d’un effort, d’une chute, sans cause apparente.
  • Localisation et éventuelles irradiations, à reporter sur un schéma corporel.
  • Intensité, par exemple sur une échelle numérique de 0 à 10 (HAS (nouvel onglet)), notée avant et après la séance : voir l’échelle EVA.
  • Rythme : moment de la journée, lien avec le mouvement ou le repos, réveils nocturnes.
  • Facteurs qui aggravent ou soulagent, évolution depuis le début.
  • Traitements déjà essayés et examens réalisés, avec leurs comptes rendus s’ils existent.

4. Antécédents

Médicaux, chirurgicaux (avec dates), traumatiques (fractures, entorses, accidents), familiaux notables et, selon le cas, gynéco-obstétricaux. Marquez ceux qui doivent rester visibles à chaque séance.

5. Traitements en cours

Les médicaments et suivis en cours, tels que le patient les rapporte. Ils éclairent votre décision d’intervenir ou d’orienter.

6. Revue par appareil

Quelques questions par grand appareil (cardio-vasculaire, respiratoire, digestif, urinaire, neurologique, tête et ORL, sommeil, état général) permettent de ne pas passer à côté d’un élément que le patient n’aurait pas relié à sa plainte.

7. Mode de vie

Activité professionnelle et posture de travail, activités sportives et leur volume, sommeil, stress, écrans. Ce sont souvent ces éléments qui nourrissent les conseils de fin de séance.

8. Signes d’alerte et orientation

Prévoyez une rubrique explicite : ce que vous avez recherché, et votre conclusion (rien qui justifie une orientation, ou orientation proposée vers le médecin traitant, avec la date). La liste des signes à rechercher relève de votre formation ; ce qui compte pour le dossier, c’est que la recherche et la décision soient tracées. Pour la méthode, voyez le guide pour documenter l’examen clinique. Notez aussi la date des avis médicaux préalables reçus : le décret les exige pour le rachis cervical et pour le crâne, la face et le rachis du nourrisson de moins de 6 mois (art. 3), voir le certificat médical préalable.

9. Information et consentement

Ce qui a été expliqué au patient et son accord, notamment pour un mineur, avec l’accord du ou des titulaires de l’autorité parentale. Le guide du consentement éclairé détaille ce qu’il est utile d’écrire.

Quelles questions poser lors de l’anamnèse ?

Des questions ouvertes d’abord, des précisions ensuite. Le tableau donne, pour chaque rubrique, des exemples de questions et l’endroit où ranger la réponse : le dossier pour ce qui dure, la séance pour ce qui change.

Questions types et endroit où les noter

Exemples de questions par rubrique d’anamnèse, et où ranger la réponse (documentation uniquement)
CritèreQuestions typesOù le noter
1. Identité et contexteQuel est votre métier, et votre poste au quotidien ? Êtes-vous droitier ou gaucher ? Qui est votre médecin traitant ?Dossier
2. MotifQu’est-ce qui vous amène aujourd’hui ? Qu’attendez-vous de la séance ?Séance
3. Histoire de la plainteDepuis quand ? Comment cela a-t-il commencé ? Où exactement ? De 0 à 10, combien ? Qu’est-ce qui aggrave ou soulage ? Avez-vous fait des examens ?Séance
4. AntécédentsAvez-vous été opéré, eu des fractures, des accidents ? Des problèmes de santé suivis ? Des maladies dans la famille ?Dossier
5. TraitementsPrenez-vous des médicaments en ce moment ? Êtes-vous suivi par un autre professionnel ?Dossier, mis à jour
6. Revue par appareilComment dormez-vous ? Digestion, respiration, maux de tête, vertiges ? Quelque chose a-t-il changé récemment ?Séance
7. Mode de vieQuelle activité physique, et combien de fois par semaine ? Combien d’heures assis ou sur écran ?Dossier, mis à jour
8. Signes d’alerteSelon votre formation ; notez la recherche faite et la décision, datée.Séance
9. ConsentementAvez-vous des questions sur ce que je vous propose ? Êtes-vous d’accord pour commencer ?Séance

Exemples de questions par rubrique d’anamnèse, et où ranger la réponse (documentation uniquement) · Ces questions sont des exemples de formulation, pas un protocole : adaptez-les au patient et à votre formation. Si le patient ne souhaite pas répondre, notez-le plutôt que de laisser un blanc.

Adapter la trame au profil du patient

Points spécifiques à documenter selon le profil (documentation uniquement, sans recommandation clinique)
CritèreAdulteEnfantNourrissonFemme enceinte
À documenter en plusPoste de travail, activités sportives, antécédents de lombalgie ou de cervicalgieCroissance, scolarité, activités, orthodontie, posture (cartable, écrans)Grossesse, durée du travail, mode d’accouchement, instruments, poids, taille, périmètre crânien, alimentation, sommeilTerme en semaines d’aménorrhée, suivi par une sage-femme ou un médecin, grossesses antérieures
Avis médical préalablePour toute manipulation du rachis cervical (décret 2007-435, art. 3)Pour toute manipulation du rachis cervicalPour le crâne, la face et le rachis avant 6 mois, et pour le rachis cervicalPour toute manipulation du rachis cervical
ConsentementDu patientDu ou des titulaires de l’autorité parentale, et de l’enfant selon son âgeDu ou des titulaires de l’autorité parentaleDe la patiente

Points spécifiques à documenter selon le profil (documentation uniquement, sans recommandation clinique) · L’avis médical prend la forme d’un diagnostic établi par un médecin attestant l’absence de contre-indication ; conservez-le dans le dossier. Pour tous les patients, le décret interdit les manipulations gynéco-obstétricales et les touchers pelviens (art. 3).

Chaque profil a son guide détaillé : anamnèse de l’enfant et de l’adolescent, du nourrisson, de la femme enceinte, du sportif et du senior.

Première consultation ou séance de suivi : que noter ?

L’anamnèse complète se fait à la première consultation. Ensuite, on part de la séance précédente et on note ce qui a changé : refaire toute l’anamnèse à chaque fois prend du temps et noie l’information utile.

Ce que l’on note selon la séance

Rubriques à remplir en première consultation et en séance de suivi
CritèrePremière consultationSéance de suivi
Identité, contexteCompletSi quelque chose a changé
Motif, histoire de la plainteCompletMotif du jour et évolution depuis la dernière séance
Antécédents, traitementsCompletMise à jour (nouvel événement, nouveau traitement)
Intensité de 0 à 10Avant et après la séanceAvant et après la séance
Revue par appareil, mode de vieCompletCe qui a changé
Signes d’alerte et orientationRecherche et décisionRecherche et décision
Information et consentementExplications et accordAccord, et toute nouvelle explication

Rubriques à remplir en première consultation et en séance de suivi

Exemple d’anamnèse rédigée

Un exemple fictif, pour montrer le niveau de détail utile : des phrases courtes, des chiffres, et rien qui ne serve la prise en charge.

  • Motif : douleur lombaire droite depuis 3 jours, apparue en soulevant un carton lors d’un déménagement. Attente : reprendre le travail lundi.
  • Histoire de la plainte : début brutal ; 6/10 le matin, 3/10 en fin de journée ; pas de réveil nocturne ; soulagée par la chaleur et la marche ; aucun examen réalisé.
  • Antécédents : entorse de la cheville gauche (2019) ; appendicectomie (2008).
  • Traitements : paracétamol à la demande, selon le patient.
  • Revue par appareil : rien de particulier rapporté ; sommeil gêné par la douleur.
  • Mode de vie : livreur, 35 h par semaine, conduite et port de charges ; course à pied deux fois par semaine, arrêtée depuis l’épisode.
  • Signes d’alerte et orientation : recherche effectuée ; rien qui justifie une orientation ce jour.
  • Information et consentement : déroulé de la séance expliqué, accord oral du patient.

Cet exemple porte sur la documentation : ce que vous recherchez et ce que vous en concluez relèvent de votre formation et de votre jugement.

Construire et faire évoluer sa trame

  1. Partez des neuf rubriques

    Gardez l’ordre de la séance : contexte, motif, histoire de la plainte, antécédents, traitements, revue par appareil, mode de vie, signes d’alerte, consentement.

  2. Ajoutez une indication par rubrique

    Une ligne qui rappelle quoi noter (« depuis quand, comment, quel rythme ») évite les oublis sans transformer la trame en formulaire.

  3. Déclinez par profil

    Dupliquez la trame adulte et ajoutez les rubriques propres à l’enfant, au nourrisson, à la femme enceinte ou au sportif.

  4. Séparez ce qui dure de ce qui change

    Identité et antécédents vivent dans le dossier ; motif, histoire de la plainte et EVA vivent dans chaque séance.

  5. Relisez-la tous les six mois

    Supprimez ce que vous ne remplissez jamais, précisez ce qui revient souvent en texte libre.

Ce que votre trame doit permettre de retrouver

Si vous ne retrouvez pas l’un de ces éléments en moins de dix secondes, la trame mérite d’être revue.

  • Le motif de la dernière séance et son évolution depuis

  • Les antécédents importants, visibles sans chercher

  • L’intensité de la douleur avant et après chaque séance

  • Les traitements en cours rapportés par le patient

  • La recherche de signes d’alerte et la décision prise

  • Les avis médicaux préalables reçus et leur date

    Rachis cervical, nourrisson de moins de 6 mois.

  • Le consentement, et pour un mineur l’accord des parents

  • Le médecin traitant, pour un éventuel courrier

Trame papier, PDF ou logiciel ?

Les trois fonctionnent si la structure est la même à chaque séance. Le papier ou le PDF se prête bien à la première consultation et aux visites à domicile : notre trame adulte existe aussi pour l’enfant, le nourrisson, la femme enceinte et le sportif. Un logiciel évite de recopier l’identité et les antécédents à chaque séance, garde la trame de chaque séance telle qu’elle était ce jour-là et retrouve une information en quelques lettres. L’examen se documente ensuite à part : voir documenter l’examen clinique et le compte rendu de consultation.

Sources

Textes et pages officielles consultés pour rédiger cette page.

  1. [1]Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d’exercice de l’ostéopathie (art. 1 à 3)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 20 octobre 2026
  2. [2]Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002, article 75 (usage du titre d’ostéopathe)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  3. [3]Arrêté du 12 décembre 2014 relatif à la formation en ostéopathieLégifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026
  4. [4]Référentiel relatif aux traitements de données des cabinets médicaux et paramédicauxCNIL · cnil.fr · consulté le 19 octobre 2026
  5. [5]Règlement (UE) 2016/679 (RGPD), article 5 (minimisation des données)EUR-Lex · eur-lex.europa.eu · consulté le 19 octobre 2026
  6. [6]Liste des échelles acceptées pour mesurer la douleur (IQSS 2025)Haute Autorité de santé · has-sante.fr · consulté le 19 octobre 2026
  7. [7]Code pénal, article 226-13 (secret professionnel)Légifrance · legifrance.gouv.fr · consulté le 19 octobre 2026

Questions fréquentes

Quelles sont les rubriques d’une anamnèse en ostéopathie ?

Neuf rubriques couvrent l’essentiel : identité et contexte, motif de consultation, histoire de la plainte, antécédents, traitements en cours, revue par appareil, mode de vie, signes d’alerte et orientation, information et consentement. Aucun texte n’impose cette liste ; elle suit l’ordre de l’échange et rend vos dossiers comparables d’une séance à l’autre.

Combien de temps doit durer l’anamnèse ?

Il n’existe pas de durée de référence : elle dépend du motif et du patient. Une première consultation demande une anamnèse complète ; une séance de suivi part de la précédente et note ce qui a changé, ce qui prend nettement moins de temps.

Faut-il refaire toute l’anamnèse à chaque séance ?

Non. Identité, antécédents et traitements se mettent à jour au niveau du dossier ; à chaque séance, notez le motif du jour, l’évolution depuis la dernière fois, l’intensité de la douleur avant et après, et la recherche de signes d’alerte avec votre décision.

Peut-on faire remplir un questionnaire au patient avant la séance ?

Oui, pour l’identité et les antécédents, à condition que le moyen utilisé protège des données de santé et que vous relisiez les réponses avec le patient. Un questionnaire ne remplace pas l’échange : l’histoire de la plainte et la recherche de signes d’alerte se font en séance.

Que noter si le patient ne souhaite pas répondre à une question ?

Notez simplement que l’information n’a pas été communiquée, plutôt que de laisser un champ vide qui pourrait laisser croire à une absence d’antécédent. La règle vaut aussi pour les dossiers informatisés : « non renseigné » n’est pas « rien à signaler ».

L’anamnèse est-elle obligatoire pour un ostéopathe ?

Aucun texte ne fixe le contenu de l’anamnèse de l’ostéopathe, mais le décret n° 2007-435 lui impose d’orienter vers un médecin quand c’est nécessaire (art. 2) et exige un avis médical avant certains actes (art. 3). Sans anamnèse documentée, il est difficile de montrer que cette vigilance a eu lieu.

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